Seitaï et Aïkido

Pour cette édition d’Aïkido Journal, je cède ma colonne à Rémi Besrest

Aikidojournal Interview

Le SEITAÏ (Sei : arranger ; remettre en ordre, Taï : le corps) est une discipline japonaise de santé très peu connue en occident. C’est une thérapie puissante qui utilise les propres ressources de l’être humain, stimulant ses fonctions vitales, avec des outils très efficaces dans le domaine de la correction posturale et du rééquilibrage énergétique. Même au Japon, il est parfois difficile de faire la distinction entre le « SEITAÏ » qui rassemble plusieurs pratiques de type « ostéopathies », du SEITAÏ créé par Maitre Haruchika Noguchi et pratiquée encore aujourd’hui à travers 2 écoles principales reconnues officiellement : celle de l’Ecole Noguchi et Maitre Kuniaki Imoto issu du même courant.

Quel rapport avec l’aïkido ?

Je pratique l’aïkido depuis 26 ans et également l’Imoto Seitaï depuis maintenant plus de 10 ans, ayant suivi l’enseignant d’Olivier Nesmon, praticien diplômé SEITAÏ du Japon (11 ans de pratique au Japon).
Le SEITAÏ m’a donné une compréhension de la notion de « KI » que je n’aurai jamais imaginée au début de ma pratique. Le concept de « KI » devient beaucoup plus clair et évident, car abordé de façon pratique et perceptive, concrète, à travers le SEITAÏ, car on peut dire que KI est la « matière de base » de travail du SEITAÏ.
Et c’est là un premier intérêt de faire le lien entre le SEITAÏ et l’AÏKIDO. Car souvent pour beaucoup d’aïkidoka occidental, la définition et les principes autour du KI sont difficiles à cerner.
Il ne s’agira pas ici de faire tout un article sur le KI et d’en faire un exposé « intellectuel », mais de présenter une chose simple qui concerne la vie, la santé, le bien être qui devrait interpeller l’aïkidoka.
Bon nombre de tracts de promotion sur l’aïkido présente l’aïkido comme une discipline qui vous permettra de retrouver équilibre, santé, maitrise de soi, bien être, attitude juste, « se retrouver soi-même etc …. » Soit. Qu’en est-il dans la réalité ?
Qu’est ce qui fait que dans la pratique régulière et assidue de l’aïkido, nous serons effectivement sur cette voie et que l’apport sera vraiment celui-là?
Pour cela, retour à une notion très simple que présente le SEITAI, première base de travail pour la santé des individus, vrai pour tous les êtres humains qu’ils soient Espagnols, Danois, ou Japonais : dans le ventre, nous pouvons repérer 2 points essentiels qui indiquent l’état de santé d’un individu. Le « Shimo tanden », point inférieur situé 3 doigt au-dessus de l’os du pubis dans l’axe médian du corps et le « Kami tanden » qui lui, est situé 3 doigts en dessous du sternum (ce ne sont pas les seuls tandens mais nous nous limiterons pour l’instant à ces deux-là).

Ces 2 « tandens » fonctionnent comme des vases communicants, c’est vrai pour tout être humain sur la planète sans exception. Quand l’un est fort, « plein », l’autre est vide en rapport (avec toute les situations intermédiaires qui sont les plus courantes …).
Pour le « Shimo tanden », la notion de fort, « plein », est perceptible au toucher par une tonicité, fermeté, mais également élasticité. A l’inverse un « tanden » vide, sera sans ressort, au toucher le doigt s’enfonce sans résistance (mou et sans retour).

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